Dans le cadre du festival Le Grand Bain, Le Bazaar accueille la pièce musicale : A Sentimental Landscape.
Co-écrite par un compositeur et instrumentiste-Florentin Ginot, et un chorégraphe et performeur-Alban Richard, A Sentimental Landscape offre une composition musicale intense, qui se construit à même la production textuelle, corporelle et instrumentale des performeurs. Cette pièce fait la part belle à la polyphonie des voix, parlées, soufflées comme déclencheur de mouvements, de sons, d’affects, d’émotions. Un paysage-état d’âme s’établit dans l’espace délimité par le public environnant. La composition musicale projette une image sonore perpétuellement mouvante, changeante, diffuse, où les notions de coexistence et d’agencement multidirectionnel prennent part au développement dramaturgique. Les patterns de la contrebasse se mêlent au drive perpétuel de machines sonores autonomes. La granulation et le warping segmentent des loops dont l’énergie ne laisse aucun répit aux corps des performeurs en présence. Prisonniers d’entrelacs de temporalités différentes, les corps endurent Le dur désir de durer qu’évoque Paul Éluard : « Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terre Nous naissons de partout nous sommes sans limites ». Dans un environnement lumineux instable, ce magma musical, textuel et corporel augmenté de transformations électroniques et de sons reliques, propose au spectateur de changer de repères pour explorer ce paysage sentimental. En s’inspirant des théories de polyphonies de vies d’Anna Tsing, A Sentimental Landscape fabrique et module une île de gestes, de paroles et de sons : les spectateur-auditeur.ice.s prennent place autour de cet espace à la forme insulaire où les deux performeurs évoluent incessamment. Une île autonome qui sera parfois posée dans un théâtre, un musée, un gymnase et souvent dans un parking souterrain ou au cœur d’une forêt centenaire.
